Mes 3 recommandations si vous avez recours à l’aversion à la perte

Cet article fait suite au courriel #4 envoyé dans le cadre de mon mini-cours gratuit sur les 5 biais cognitifs pour augmenter vos dons sans compromettre vos valeurs.

Recommandation #1 : N’ayez pas peur de parler de l’urgence d’agir (si cette urgence est réelle, on s’entend)

Vous l’avez peut-être remarqué.

Il y a un élément d’urgence quand on parle de l’aversion à la perte.

La peur de perdre quelque chose nous fait agir plus rapidement, plus urgemment.

On l’a senti dans l’exemple d’Émilie qui va de mal en pire.

On l’a senti aussi dans la campagne d’Interligne qui risquait de perdre son service de nuit.

Et on le sent encore plus de manière explicite dans de nombreuses communications d’organisations environnementales comme celle-ci de WWF :

« Notre planète se réchauffe. Voici ce qui est en jeu si on n’agit pas maintenant. » (traduction libre).

WWF ne parle donc pas juste de ce qu’on perd si on n’agit pas.

Mais aussi de ce qu’on perd si on n’agit pas maintenant.

Avant d’écrire votre prochain courriel de sollicitation de dons, vous pouvez vous poser la question :

Pourquoi les donateurs et donatrices devraient donner maintenant plutôt que dans 1 semaine, dans 3 mois ou dans 1 an? Qu’est-ce qui se passerait à court, moyen ou long terme si on n’agit pas?

Parce que dans les 3 cas qu’on a vus (Émilie, Interligne et WWF), l’urgence d’agir est bien réelle. Elle est loin d’être inventée de toute pièce, alors pourquoi se sentir mal de communiquer cette urgence de façon claire?

Sinon un autre OBNL ou une autre fondation le fera.

Et le donateur ou la donatrice donnera à cette organisation X en se disant :

« Cette organisation X a besoin de moi maintenant. Pour l’autre (la vôtre), ça peut attendre. »

Et on sait vous et moi que reporter un don à plus tard veut probablement dire pas de don.

Recommandation #2 : Ne parlez pas de la perte pour votre organisation (mais plutôt de celle vécue par les personnes soutenues et par les donateurs et donatrices)

Quand je parle d’aversion à la perte, vous vous demandez peut-être :

« Je communique la perte vécue par qui? »

Comme pour tout texte philanthropique, le donateur ou la donatrice veut connaître les besoins des personnes que vous soutenez.

Pas vos besoins à vous comme organisation (à moins que votre survie organisationnelle soit en jeu – et encore).

C’est pour cette raison que WWF – pour les reprendre comme exemple – dit que “les baleines ont besoin de nous” (et non : “on a besoin de vous pour sauver les baleines”).

Vous voulez donc éviter à tout prix le fameux danger du « nous, nous, nous ».

Même si votre organisation aussi « perd » quelque chose s’il n’y a pas de dons, ce n’est pas ça que vous voulez communiquer.

Vous voulez communiquer la perte vécue par :

  • La personne que vous soutenez
  • Le donateur ou la donatrice (qui perd l’occasion d’avoir un impact sans oublier le plaisir de donner)

Recommandation #3 : Trouvez le juste équilibre entre les émotions « négatives » et « positives » (plutôt que de miser seulement sur « la perte » ou seulement sur « le gain »)

Chaque OBNL et fondation résout un problème.

C’est sa raison d’être.

Sans problème, pas de cause. Sans cause, pas d’organisation.

Vous devez donc communiquer sur ce problème.

Et oui, ça vient généralement avec différentes émotions vécues par les personnes que vous soutenez. Y compris des émotions considérées « négatives » comme la peur, le désespoir ou la colère.

Les émotions « négatives » font donc partie de toute cause et de la philanthropie. Il n’y a rien de mal à les communiquer aux donateurs et donatrices. Au contraire.

Les donateurs et donatrices doivent ressentir :

  • la peur de Louise qui ne sait pas si son mari va “être de bonne humeur” ce soir en rentrant du travail
  • le désespoir de Camille qui doit encore aller à l’hôpital alors qu’elle voudrait aller jouer comme les filles de son âge
  • la colère d’Omar qui voit son village se faire détruire par les bombes et se retrouve avec rien sauf le linge qu’il porte sur le dos

En fait, on pourrait même dire que ce ne serait pas fidèle à la réalité des personnes soutenues si on « embellissait » leur vécu et qu’on cachait certaines émotions qu’on ne saurait voir.

Mais on s’entend qu’on ne veut pas non plus tomber dans la dramatisation, le sensationnalisme ou la victimisation.

Et c’est pour ça que je vous recommande d’équilibrer les émotions « négatives » et les émotions « positives » dans vos communications.

Non seulement c’est la chose à faire par souci éthique.

Mais c’est aussi la plus efficace pour augmenter vos dons.

Parce que si vous misez seulement sur la « peur de la perte », vous risquez à la longue de créer un sentiment de désespoir, de démotivation, voire d’impuissance chez les donateurs et donatrices. Et ça, ça veut dire moins de dons.

Alors n’hésitez pas à trouver le juste équilibre qui vous convient.

Vous n’avez pas à choisir entre montrer « ce qu’on perd » ou « ce qu’on gagne ».

Vous pouvez très bien faire les deux :  )

(comme je l’ai fait pour l’exemple d’Émilie)

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