Débarrassez-vous des “nous, nous, nous”

Vous avez sûrement déjà entendu dire que mieux vaut se débarrasser des “nous” et “on”.

Et plutôt s’adresser directement à la personne qui vous lit avec le “vous” ou le “tu”.

C’est la règle en copywriting qu’on entend le plus souvent.

Mais c’est pourtant l’erreur la plus fréquente que je vois encore aujourd’hui chez les OBNL et fondations.

Le fameux “nous, nous, nous” a la vie dure :

  • “Notre organisation”
  • “Notre programme”
  • “Notre impact”

Il y a des “nous” qui sont faciles à repérer et à modifier.

Quelque chose dans le genre :

Nos donateurs et donatrices contribuent à…

Peut facilement être remplacé par :

Vous contribuez à…

Mais il y en a d’autres qui parfois s’infiltrent sans qu’on s’en rende compte.

Prenons l’exemple d’une campagne de la Fondation Bon départ de Canadian Tire.

J’aurais pu illustrer mon point avec bien d’autres fondations.

C’est juste que ça adonne que je passe une bonne partie de ma vie au Canadian Tire : )

On peut y lire :

“Les enfants ont besoin de sport.

Bon départ a besoin de vous.“

À première vue, il n’y a pas de problème.

On remarque même un “vous” à la fin du slogan.

Alors qu’est-ce qu’on pourrait améliorer selon vous?

Je vous donne un indice : où se trouve le “nous”?

Il est implicite dans la phrase : “Bon départ a besoin de vous” (Nous avons besoin de vous).

La campagne aurait eu tout avantage à ne pas parler des besoins de la Fondation Bon départ.

Et plutôt continuer de miser sur les besoins des enfants comme elle l’a fait dans la première phrase (Les enfants ont besoin de sport. Les enfants ont besoin de vous).

Ou sur leurs droits (le droit de jouer).

Ou encore sur l’impact des dons auprès des enfants (retrouver leur sourire d’enfant).

Parce qu’on ne donne pas à une fondation. On donne d’abord et avant tout à la cause.

Aux personnes qui sont soutenues par cette fondation.

Même si une fondation gère les dons pour ensuite les redistribuer aux personnes qu’elle soutient, son rôle d’intermédiaire ne doit pas se faire sentir dans le texte.

On veut avoir l’impression qu’on donne directement aux personnes soutenues (dans ce cas-ci aux enfants).

Parce que ce sont leurs besoins qui nous importent.

Pas ceux de la fondation.

Ça peut paraître contre-intuitif, mais le mieux à faire serait de :

Se retirer de l’équation : )

Comme la Fondation Bon départ l’a fait dans la version ci-dessous pour remercier ses donateurs et donatrices :

Les enfants ont besoin de sport.

Vous avez répondu présent.”

Bon, à mon tour de me retirer de l’équation.

Et d’ici mon prochain micro-article, je vous invite à faire un don pour que tou.te.s les enfants puissent avoir accès au sport.

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Publié le 18 juillet 2024 – Par Charles Saliba-Couture (Les mots pour la cause)

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