Ma piscine olympique
Temps de lecture : 2 min
Cette histoire fait partie de la série Ma maudite anxiété.
Avant d’aller plus loin : Cette histoire est basée sur ce que j’ai vécu dans les dernières années. Je vais mieux aujourd’hui grâce à des changements apportés dans ma vie et beaucoup de soutien. Mais l’anxiété frappe encore à ma porte de temps en temps. J’espère que de lire mon histoire te fera autant de bien que j’en ai eu à l’écrire. Tu pourrais te reconnaître ou non dans mon histoire et c’est bien correct. Chaque réalité est différente. Certains sujets traités sont sensibles. Si tu as besoin d’aide, tu trouveras des ressources au bas de cette page. Je suis de tout coeur avec toi ♥
Bon, cette fois, c’est pour de vrai.
Même si j’ai l’impression que tout le monde me regarde à moitié nu dans les vestiaires. Et que j’ai juste envie de faire demi-tour.
Ça fait des mois que je veux me baigner à la piscine de l’UQAM.
Et je reporte encore et encore.
Je sais pas pourquoi ça me vire à l’envers comme ça.
J’ai suivi des cours de natation pendant des années quand j’étais p’tit. J’ai toujours aimé me baigner. Y’avait même un étang près de chez mes parents où j’allais souvent avec mes ami.e.s.
Mais là, c’est différent.
Parce que je le fais pas juste pour le plaisir. Je le fais pour aller mieux.
Et ça fait des années que j’ai pas mis les pieds dans une piscine publique.
Ma psy Vicky appelle ça de “l’évitement”. Moi j’appelle ça “avoir la chienne”.
La chienne de me baigner, la chienne de me mettre “out there”, la chienne de vivre.
Je vais sous la douche pour me rincer avant d’aller dans la piscine.
Je me sens observé. Scrutiné par un homme qui m’observe de haut en bas (plus bas que haut mettons).
J’ai jamais trop compris le rituel de la douche avant de se baigner. Y’en a qui disent que c’est “une question d’hygiène”.
Mais on va se dire les vraies affaires : c’est pas 4 secondes et 3 quarts sous la douche sans savon qui vont faire la grande différence!
Je m’exécute sans remettre en question le rituel. Parce que j’ai déjà mon propre combat interne à mener.
Je me dirige vers la piscine et je me retrouve à devoir choisir entre l’allée débutant, intermédiaire ou avancé.
Avancé, certainement pas.
Je vois des nageurs qui enfilent les allers-retours et culbutent sur les murs comme on voit aux Olympiques.
Ma p’tite voix dans ma tête me dit que j’aurais l’air ridicule à côté d’eux. Comme un chiot qui patauge dans l’eau entouré de dauphins.
Vicky me dit que je fais de l’anxiété de performance.
Apparemment que j’en fais même dans la gestion de mon anxiété.
Me battre contre mon anxiété, c’est mes Olympiques à moi. Même si j’aurais préféré que ce soit la natation.
Je choisis l’allée intermédiaire et je saute dans l’eau. Aucun choc thermique. Je me dis que finalement c’est peut-être à ça que servait la douche.
“Est-ce que tu y vas ou je peux y aller?”
Un nageur veut passer devant moi. Je lui fais signe que c’est bon.
Moi je décide de relaxer dans l’eau en me tenant aux flotteurs en plastique qui nous séparent de l’allée des débutants.
Je me mets ensuite à bouger les bras dans tous les sens pour me réchauffer jusqu’à ce que…
“Euh Monsieur! Faites attention!”
Une dame se tourne vers moi. Elle doit avoir dans les 80 ans. Même à travers ses lunettes de piscine j’arrive à voir qu’elle est pas très heureuse. Ou devrais-je dire : elle est en beau maudit (pour ne pas dire autre chose).
Je me rends compte que j’ai frappé – sans le vouloir je précise – les fesses de la madame de 80 ans dans l’allée des débutants.
“Je suis désolé Madame. Je me suis un peu emporté dans mes exercices de réchauffement.”
Quelle honte! Je décide de commencer à nager pour éviter la situation. Comme quoi l’évitement, c’est pas toujours mauvais.
Rapidement, je me fatigue. Disons que mon cardio est pas génial.
J’ai même vu d’un coin de l’oeil la madame de 80 ans me dépasser.
Je me tourne sur le dos pour faire genre “je change de technique”. Mais dans les faits, j’ai plutôt l’air d’une loutre qui se la coule douce et se laisse porter par le courant créé par les 2 autres allées.
Je pourrais me dire que c’est un échec mon affaire. Je suis épuisé au bout de 2 longueurs. Le sauveteur m’a même suggéré de passer dans l’allée des débutants avec Madame Fesses.
Mais bizarrement, je ressens pas d’échec. Je me suis même surpris à me chuchoter à moi-même en nageant sur le dos avec le regard fixé sur le haut plafond bétonné de l’UQAM :
“Je l’ai fait Vicky.
J’ai affronté ma peur.”
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Moi, c’est Charles.
Je suis rédacteur philanthropique et rédacteur persuasif (copywriter) pour des causes sociales.
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La série Ma maudite anxiété, c'est un projet personnel qui me tient à coeur et qui vise à briser les tabous en santé mentale.
Ça me fait peur de partager cette partie-là de mon histoire. Mais ça me fait aussi du bien.
Et j'espère qu'elle va te faire du bien à toi aussi.
PS - Si tu veux m'écrire, ça me ferait plaisir de te lire. Que ce soit pour me partager ton histoire, pour m'inviter à ton podcast ou pour collaborer : )
Et lui, c’est Matus. Mon chum et le créatif derrière les superbes illustrations de la série Ma maudite anxiété. Merci mon amour! ♥
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